Regarder devant soi et à l’intérieur de soi, choisir ce qui dépend de nous, et comprendre qu’il y a toujours plus de possibles que de peurs
- Alina OPREA

- 13 févr.
- 2 min de lecture
Regarder devant soi n’est pas une posture inspirante, c’est souvent une nécessité, parce que vivre sur une île, loin des discours faciles et des promesses creuses, oblige à faire face à la réalité telle qu’elle est, sans filtre, sans illusion, et à accepter que la seule chose sur laquelle nous ayons réellement du pouvoir, ce sont nos choix.
Quand on prend le temps de lever les yeux, de respirer, de regarder ce relief abrupt, ces vallées profond̂es, cette nature qui ne négocie pas avec l’homme, on comprend vite que le champ des possibles est immense, mais que la limite n’est jamais le décor, ni l’insularité, ni les circonstances, elle est intérieure, silencieuse, souvent nourrie par la peur de se tromper.

Si vous y réfléchissez calmement, sans émotion inutile, vous verrez qu’il y a toujours au moins deux chemins devant vous, même quand la vie serre la vis, même quand l’argent manque, même quand la fatigue mentale s’installe, et tant que vous continuez à regarder devant vous plutôt que de ressasser ce qui aurait dû être, ces chemins existent encore.
Il y a des moments où l’on se tient face au paysage, face à cette île brute et puissante, et en réalité on se tient face à soi-même, face à ce que l’on accepte, face à ce que l’on tolère, face à ce que l’on n’est plus prêt à subir.
Sur cette photo, je ne regarde pas seulement un cirque, une vallée, une île verte et sauvage, je regarde tout ce que j’ai traversé pour arriver là, les périodes de solitude, les choix inconfortables, les décisions prises sans applaudissements, celles qui forgent le caractère plutôt que l’ego.
Le stoïcisme, ici, ce n’est pas une philosophie abstraite, c’est une façon de tenir debout quand tout n’est pas maîtrisable, de faire ce qui dépend de soi sans se plaindre de ce qui ne dépend pas de nous, et d’avancer sans attendre que la vie devienne plus douce.
Si j’ai continué à marcher, ce n’est pas parce que j’avais des certitudes, mais parce que j’ai compris qu’il vaut toujours mieux agir avec lucidité que rester immobile par peur, et qu’il est toujours plus sain d’essayer que de vivre avec le regret silencieux de ne pas l’avoir fait.
La vie sur une île apprend une chose essentielle : on ne contrôle ni le vent, ni la mer, ni le temps, mais on peut choisir sa posture intérieure, sa direction, et la dignité avec laquelle on avance.
Et tant que vous regardez devant vous, tant que vous choisissez consciemment, même dans l’inconfort, vous n’êtes pas bloqué, vous êtes en train de construire quelque chose de plus solide que le confort : votre propre stabilité.




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