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Harcèlement sexuel et agissements sexistes au travail : la vérité que personne n’ose vraiment dire

  • Photo du rédacteur: Alina OPREA
    Alina OPREA
  • 13 févr.
  • 2 min de lecture

Depuis des années, je travaille avec des salariés, des équipes et des entreprises, les CSE, et je peux l’affirmer sans détour : dans la majorité des situations, les gens se taisent. Pas parce que ce n’est pas grave, mais parce qu’ils ont peur. Ils ont peur d’être mal vus, peur d’être catalogués comme « problématiques », peur de perdre leur poste. Et surtout, ils ont peur de ce qui se passe derrière : les crédits à rembourser, le loyer à payer, les enfants à élever, les factures à honorer, la dépendance au salaire. On ne dénonce pas quand on sait que tout peut s’effondrer d’un seul mot.


Pourtant, la loi est claire. Le harcèlement sexuel et les agissements sexistes sont définis dans le Code du travail aux articles L.1153-1 et L.1142-2-1. Ce n’est ni une opinion ni un simple ressenti, c’est un cadre légal précis. Et les chiffres nationaux parlent d’eux-mêmes : en France, 9,4 % des personnes en emploi déclarent avoir subi des comportements à connotation sexiste ou sexuelle au travail, et ces situations concernent trois fois plus de femmes que d’hommes au cours de leur vie professionnelle.


Alina Oprea: Harcèlement sexuel et agissements sexistes au travail : la vérité que personne n’ose vraiment dire

En plus des chiffres nationaux, certaines enquêtes montrent qu’à La Réunion aussi, les violences au travail existent bien. Une étude indique qu’environ une femme sur vingt y déclare avoir été victime de harcèlement sexuel au travail, avec une proportion légèrement plus élevée qu’en métropole, et que les violences psychologiques y sont déclarées plus fréquemment. Ce n’est pas un « problème lointain », c’est une réalité sociale reconnue ici aussi.


Mais il est essentiel de le dire : les hommes sont aussi concernés. Les chiffres montrent que s’ils déclarent moins souvent ces situations, ils se taisent encore davantage. Par peur du ridicule, de ne pas être crus, d’être remis en question dans leur virilité. Là encore, la hiérarchie, la dépendance financière et la peur des conséquences professionnelles renforcent le silence.


Sur le terrain, ces situations ne ressemblent pas toujours à ce qu’on imagine. Ce ne sont pas forcément des agressions spectaculaires. Ce sont souvent des remarques soi-disant « pour rire », des regards insistants, des messages déplacés, des gestes ambigus, des attitudes protectrices qui cachent autre chose. Comme c’est insidieux, cela passe inaperçu, cela s’installe avec le temps, et cela use profondément.


Les conséquences, je les vois ensuite chez les personnes que j’accompagne : troubles du sommeil, épuisement, douleurs physiques, anxiété, perte de confiance, parfois jusqu’au burn-out. Le corps finit toujours par parler quand la parole n’a pas été possible.


Femme ou homme, personne ne devrait avoir à choisir entre sa dignité et son salaire.

Et tant que dénoncer fera plus peur que subir, le harcèlement continuera à prospérer.

 
 
 

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